Mémoire d'eau

03 juin 2014

VERS UN MONDE NAUTIQUE SURPRENANT

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Pour voir la vidéo cliquer sur le lien ci-dessous :  

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Pourquoi donner la parole à des êtres qui en sont privés ? Parce que ce monde du silence nous enseigne et nous révèle bien des surprises. Une expérience qui nous a ouvert les yeux sur ce monde aquatique qui, jusqu'alors, nous paraissait étranger, beau certes, mais lointain et incommunicable. Nous étions loin d'imaginer ce que la présence de ces "Voiles de Chine " nous apporterait de satisfactions et de découvertes insoupçonnées. Car vivre depuis bientôt six années au quotidien avec Globulette et Nautilius est une aventure passionnante que nous voudrions partager avec ceux qui sont sensibles aux animaux de compagnie. Si l'on pense naturellement aux chiens, aux chats, aux chevaux, parler de poissons en laisse plus d'un sceptique. Contrairement aux idées reçues, l'observation et l'attention grandissante que l'on porte à ces petites bêtes nous démontrent la richesse d'une nature trop méconnue.

 

 

Mais  ne monopolisons pas davantage l'espace qui leur est réservé. Comme la plupart des animaux, les poissons, si vous leur accordez assez de bienveillance pour que s'établisse un véritable lien affectif, sauront exprimer leur joie, leur peine, leurs humeurs, leur satisfaction ou leur détresse. Leurs yeux, leurs mouvements parleront pour eux. Grâce à l'intérêt que vous leur offrirez, ils vous rendront la pareille. Et bientôt, ce seront eux qui vous auront apprivoisés...

 

Yves & Armelle

 

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06 juin 2014

L'adoption

 

 

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Nous ne commencerons pas notre premier article par "Il était une fois", pour la simple raison que notre vie n'est pas un beau conte de fée, mais celle de poissons heureux qui ont connu malgré tout soucis, épreuves et même chagrins. Il y a de cela presque 6 années, nous étions Globulette et moi dans une animalerie, à l'intérieur d'un très grand aquarium, où nous évoluions au milieu d'une quarantaine de poissons. Je ne sais pourquoi elle et moi avons été choisis car, à l'époque, il faut bien l'admettre, nous n'étions pas des canons. Globulette était affreusement maigre avec deux gros yeux semblables à des télescopes, et moi j'avais la bouche de travers et un oeil plus haut que l'autre. Malgré cela, c'est sur nous que sont tombés, ce jour-là, les bons numéros de la loterie. Un coup d'épuisette, un court transfert, fort déplaisant, dans un sac en plastique et nous nous sommes retrouvés dans un bocal aussi banal que possible, posés sur une table chez deux étrangers plutôt aimables qui nous ont baptisés Globulon et Nautilus. J'écris NAUTILUS sans le i que j'ai fait ajouter par la suite, afin de ne pas être confondu avec le sous-marin de Jules Verne, et pourquoi GLOBULON, eh bien parce qu'Yves et Armelle, qui venaient de nous adopter en ce mois de novembre 2008, nous avaient pris pour deux petits mâles.

Je n'ai qu'un vague souvenir de ces premiers moments de notre vie aux Ormeaux, si ce n'est que nous avions très peu à manger, que l'aquarium était vraiment petit et que, bientôt, le Globulon de l'époque allait manifester des signes inquiétants de santé que je vous conterai dans le prochain épisode.

 

à suivre

 

 

 

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09 juin 2014

GLOBULETTE & NAUTILIUS VOUS PRESENTENT LEUR BLOG

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Chers amis,

 

Nous tenions à vous dire, sans plus tarder, combien Globulette et moi étions excités à l’idée d’avoir ouvert ce blog dans lequel nous tenterons de  relater,  avec spontanéité et naturel, nos existences de petits poissons tout aussi passionnés par la découverte du monde des humains que vous pouvez l’être par le nôtre et soucieux d’établir un contact personnel et original avec vous. Nous sommes reconnaissants à celles et ceux qui nous ont déjà exprimé leur intérêt, ce qui a conforté notre sentiment  d’être considérés et, par conséquent, en mesure d’établir une vraie relation avec nos futurs visiteurs. Ce sont Armelle et Yves qui, dans un premier temps, nous ont sortis de l’anonymat en nous attribuant un nom et en faisant de nous des interlocuteurs, ce qui nous a éveillés à un univers que, sans eux, nous aurions été bien incapables d’imaginer. Cela a été une suite de découvertes extraordinaires et un dialogue qui n’a cessé de nous enrichir et de nous émouvoir, nous forgeant une personnalité et un caractère mieux affirmés.

 

Nous nous sommes donc jetés à l’eau pour la seconde fois, si nous pouvons nous exprimer ainsi, en prenant la responsabilité de nous adresser à vous, chers  inconnus, qui, peut-être, deviendrez très prochainement des amis, avec l’enthousiasme et sans doute la naïveté qui nous caractérisent, vous proposant de vous initier à notre monde aquatique. Il est normal, nous semble-t-il, que les poissons se fassent mieux connaître et que leur silence ne soit pas synonyme d’indifférence, de froideur, d’insensibilité ou de distance. Nous voici désormais branchés sur des ondes que nous maîtrisons assez bien, émettant la plupart du temps par sonar, langage auquel Armelle et Yves ont fini par se familiariser comme, nous, nous sommes familiarisés avec leur langage oral qui, au début, nous déconcertait complètement, alors que celui du cœur, qu’ils pratiquent aussi, comme vous probablement, nous a tout de suite été accessible.

 

Ainsi le blog « Mémoire d’eau » est-il ouvert et l’aventure commencée,  en souhaitant que le meilleur soit au rendez-vous et que nos récits, par chapitres ou lettres, vous rendent plus proche ce monde où le silence est roi mais non point la banalité, l’ennui, la monotonie, l’inattention ou l’apathie.

Grâce à vous, nous serons toujours en bonne compagnie, souhaitant que vous ne soyez pas en mauvaise compagnie auprès de nous …

Aquatiquement vôtres

 

Nautilius et Globulette

 

 

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16 juin 2014

LES HEURES SOMBRES

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Je regarde vers Globulon et me sens très seul...

                                              

 

Comme je l’ai écrit dans le premier chapitre de « Notre Histoire », peu de temps après notre installation chez Yves et Armelle dans un aquarium certes assez petit mais avec une eau toujours fraîche car ils ont une source dans leur jardin, Globulon, puisqu’à l’époque on l’avait pris pour un mâle, fut victime de curieuses faiblesses. Cela l’affectait dès le matin, notre repas à peine avalé, maigre repas il faut l’avouer, mais à l’animalerie on avait dit à nos hôtes qu’ils devaient avoir la main légère, que les poissons étaient voraces et qu’il ne fallait pas céder à leur gourmandise, alors, croyant bien faire, Armelle ne nous donnait que des portions congrues, si bien que le pauvre Globulon fut bientôt dans un état de faiblesse tel qu’il dût s’appuyer contre la paroi en verre du bocal des heures durant pour ne pas tourner de l’œil et qu’il en vint à être en permanence sur le dos parce qu’il ne parvenait plus à conserver son équilibre. Alors là, je l’avoue, j’ai cédé à la panique… Je le croyais mort. Il ne bougeait quasiment plus et avait toutes les apparences d’un poisson mort. Je l’observais terrifié et il m’arrivait de lui couvrir le dos de petits bisous pour voir s’il vivait encore. Plein de courage, il se remettait à nager quelques brasses avant de culbuter à nouveau sur le dos. Néanmoins, astucieux et battant, il conservait le peu de force qu'il lui restait pour l’heure des repas afin de tenter de gober des paillettes et maintenir un semblant d’énergie. C’était un combat de tous les instants, une façon de survivre coûte que coûte.

Mais alors, me demanderez-vous, comment se fait-il qu’Armelle et Yves n’aient pas réagi devant une situation aussi dramatique ? Simplement parce que, d’une part, ils ne connaissaient rien aux poissons comme la majorité des humains, d’autre part, parce qu’ils avaient été mal conseillés. Si votre poisson est sur le dos, c’est parce qu’il est atteint d’une anomalie de la vessie natatoire. Mais il peut vivre ainsi assez longtemps, - leur avait-on affirmé à l’animalerie. Voilà comment la vessie natatoire et l’anomalie supposée ont condamné Globulon à mourir de faim des semaines entières, sous le regard plein de larmes de la pauvre Armelle qui pensait qu’on lui avait refilé un poisson handicapé… à vie !

Vous ne pouvez imaginer la tristesse qui régnait dans notre bocal posé sur une table près d’une fenêtre, d’où j’apercevais, avec nostalgie, de beaux poissons volants ( oiseaux ) s’ébattant dans le ciel. Globulon, admirable de dignité et de courage, luttait en silence et moi je sombrais dans le spleen le plus noir en réalisant que je ne pouvais rien tenter pour le secourir. Et puis un jour le miracle a eu lieu. Il a fallu pour cela que Globulon soit dans l’antichambre de la mort pour qu’Armelle ait enfin une illumination. Le voyant presque inerte glissant lentement au fond du bocal, elle a pris – je me souviens – un peu de nourriture dans sa main, l’a placé  sous Globulon qui, dans un dernier sursaut, a pu s’en emparer et l’avaler. Et elle a recommencé l’opération à plusieurs reprises, ayant enfin compris d’où le mal venait. Adieu vessie natatoire et handicap supposé et bonjour à une existence nouvelle où Globulon a peu à peu retrouvé ses couleurs, ses forces et sa vitalité et un appétit d’enfer, ça je vous l’affirme. Nous avions frôlé la catastrophe mais nous ressortions de cette épreuve soudés à jamais. Je crois d’ailleurs que ce sont ces moments difficiles qui ont sensibilisé Armelle et Yves à nos silencieuses existences.

 

A suivre 

 

 

Prochain article : Comment Globulon devient Globulette 

 

 

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24 juin 2014

COMMENT GLOBULON DEVIENT GLOBULETTE ?

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Globulon, ayant désormais accès à une nourriture en accord avec son  appétit, ainsi que moi par la même occasion, prospérait à vue d’œil et, puisque je ne doutais pas un instant de son appartenance au sexe féminin, je m’émerveillais de voir  ma Globule prendre des formes et ne plus être cette pauvre petite arête desséchée qui, durant des semaines, avait été si pitoyable à contempler.

 

Tout me plaisait, dès lors, de sa silhouette allongée à sa belle couleur d’un vermillon luxuriant, de ses yeux qu’elle passait des heures à maquiller à sa petite moue qui prêtait à son expression un rien de désappointé et de distant. Evidemment j’étais fou amoureux mais un peu timide. Elle m’impressionnait et je ne savais comment m’y prendre pour lui exprimer ma flamme sans sombrer dans le ridicule. Un matin, où il faisait très beau – c’était le printemps bien sûr – je me suis jeté un défi et j’ai osé frayer avec elle, comme il se doit dans le monde aquatique, frayer étant l’équivalent  pour vous de … flirter. Je me suis tendrement approché et je l’ai couverte de baisers qui n’ont pas eu l’air de lui déplaire, si bien qu’Armelle, qui assistait à la scène, s’est écriée, sous l’effet d’une seconde illumination : «  Eh bien, ça alors, ce n’est pas un Globulon que nous avons, mais une Globulette ! »

 

A défaut de retomber sur nos pieds, nous retombions sur nos nageoires et la vie prenait enfin une tournure normale et une vitesse de croisière satisfaisante : nous mangions à notre faim, nous étions Globulette et moi réhabilités dans nos rôles respectifs et nos sexes distinctifs. De plus, Yves et Armelle s’étaient empressés d’acheter des livres sur le monde aquatique et de se familiariser avec cette science tout aussi complexe que la vôtre, de même qu'ils nous offraient un nouvel aquarium plus grand et rectangulaire d’une cinquantaine de litres – car rien de pire qu’un bocal qui nous oblige à tourner en rond à longueur de jour et de nuit et nous rend fous à la longue – où nous étions moins à l’étroit. Leur apprentissage prenait bonne tournure et nous allions bientôt bénéficier – cerise sur le gâteau -  chaque semaine au moment du changement d’eau de quelques gouttes d’Aloès Vera dont les propriétés sont tout aussi profitables pour le velouté de votre peau, mesdames, que pour la luisance de nos précieuses écailles.

 

C’est vous dire que nous goûtions enfin un certain confort dont le principal mérite était de nous enjoliver l’humeur. Raison pour laquelle je m’aventurais à faire des plans sur la comète. Pourquoi ne pas fonder une famille ? Nous étions en pleine santé dorénavant … mais Globulette renâclait, elle se trouvait trop jeune et puis, me disait-elle, tu nous vois avec une bande d’alevins – car nous ne faisons pas les choses à moitié nous autres les poissons – lorsque nous procréons, c’est tout de suite en nombre. Oui, je trouve - poursuivait-elle - que notre aquarium, bien que plus confortable, ne se prête pas à accueillir une famille nombreuse. Tu sais que c’est la crise du logement, alors attendons des jours meilleurs.

 

Je m’inclinais. Comment pourrais-je jamais la contrarier et voir son aimable frimousse s’enchiffonner. C’est vrai que nous étions si bien tous les deux, amoureux, tranquilles, nourris, appréciés de nos hôtes et, au final, heureux comme des poissons dans l’eau.

 

A suivre

 

Prochain article :  NOS PREMIERES COLONIES DE VACANCES

 

 

 

 

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03 juillet 2014

NOS PREMIERES COLONIES de VACANCES

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Il y a au moins une chose certaine, c’est que ni Globulette, ni moi n’oublierons jamais nos premières colonies de vacances. Peut-être vous posez-vous la question de savoir si la raison en est que nous avons été heureux ou le contraire, mais vous allez l’apprendre si vous avez le courage d’aller au bout de cet article.

Il faut d’abord que je vous dise qu’Armelle et Yves aiment les voyages et qu’ils ont considéré que le mieux était de nous mettre en garde  chez une de leurs amies dans un premier temps, ensuite chez un vendeur de l’animalerie où nous avions été adoptés, dans un second. Le résultat ne fut pas vraiment, et vous allez le découvrir au fur et à mesure de mon récit… celui qu’ils escomptaient. A l’époque, nous ne comprenions pas encore très bien leur langage, il nous a fallu du temps pour nous adapter à votre langue humaine qui n’est pas celle des ondes comme la nôtre, et je ne me souviens plus de ce qu’ils nous disaient pour tenter de justifier leur départ et notre séparation prochaine. Je me rappelle seulement que ce jour-là il faisait très beau. Depuis notre aquarium, placé non loin d’une fenêtre, nous voyions voler les oiseaux et une belle lumière s’étendre au-dessus de nous. Nous étions très heureux. Nous mangions bien désormais, nous avions une eau toujours fraîche et limpide, quelques plantes, enfin le bonheur était dans l’aquarium en permanence. Et puis, voilà qu’avec l’épuisette, nous avons été soudainement happés pour nous retrouver dans le bocal du début, celui où nous étions à l’étroit et condamnés à tourner en rond. Bien sûr Armelle et Yves tentaient de nous rassurer en nous parlant doucement, mais j’avais un mauvais pressentiment, Globulette aussi, et nous n’avions pas tort, car bientôt nous  avons atterri dans un lieu qui nous était inconnu et auprès d’une personne à la voix nasillarde qui ne nous disait rien qui vaille.  

Globulette s’est plus vite adaptée que moi car elle a une heureuse nature et  a tant souffert de la faim que, ma fois, elle s’est endurcie et ce n’est pas une épreuve de ce genre qui va perturber sa bonne humeur ; mais moi, loin d’Yves et d’Armelle je suis complètement paumé. Certes ce ne fut pas une très longue séparation, d’après mes calculs peut-être 5 ou 6 jours, bien qu’ils m’aient paru éternels, car la pauvre amie avait la mémoire courte et complétement oublié les recommandations qui lui avaient été faites avec précision par Armelle. Si bien que quelques jours plus tard nous nagions dans un magma de  nourriture et une odeur infecte qui nous soulevaient le cœur. Cette nunuche, n’ayant aucun sens de la mesure, versait à chaque repas une tonne de paillettes, de quoi nourrir deux fois un aquarium géant et quelques 100 poissons, si bien que l’on ne voyait pratiquement plus clair et évoluions dans une eau grasse et saumâtre à faire rendre l’âme au plus résistant d’entre nous.

Lorsqu’Armelle et Yves sont revenus de leur escapade, nous étions au bord de l’asphyxie, tentant d’aspirer un semblant d’air à la surface. J’ai vu la tête d’Armelle, elle était épouvantée, et nous n’avons pas été long à rejoindre nos pénates et à nous retrouver enfin dans une eau pure et transparente. Mais le mal était fait, nous étions malades comme des bêtes, c’est le cas de le dire. Nous avions la  nausée et des vertiges, au point que je pensais que nous allions passer l’arme à gauche. Nous sommes restés dans cet état plusieurs jours, incapables d’avaler quoi que ce soit et anéantis comme des épaves. Yves et Armelle ne cessaient de venir nous voir jour et nuit, de nous parler, de nous encourager. Je crois que  leur affectueuse vigilance a été notre meilleur remède.

La fois suivante, pour un voyage  plus long, ils ont jugé prudent de nous confier à un vendeur de l’animalerie. Un garçon autrement plus compétent en aquariophilie que la pauvre copine et c’est vrai que nous avons eu nourriture et eau fraîche dans les règles de l’art. Seulement l’absence fut très longue, au moins une quinzaine de jours, et notre aquarium avait été posé par terre, loin de toute source de lumière. C’était lugubre, je m’ennuyais à mourir, j’avais le sentiment d’avoir été abandonné, même ma Globulette ne parvenait pas à me remonter le moral. Et puis un jour, le miracle est survenu : subitement j’ai entendu la voix d’Armelle, j’ai été saisi de bonheur, m’immobilisant d’un coup comme frappé par la foudre…celle de la joie bien sûr, et nous sommes rentrés à la maison,  avons retrouvé nos bonnes habitudes, vouant aux gémonies les voyages d’Armelle et Yves.

 

Prochain article : notre tour de France

 

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13 juillet 2014

NOTRE TOUR de FRANCE

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L’annonce d’un voyage à travers la France nous avait un peu stupéfié Globulette et moi mais après les expériences que nous venions de vivre en colonie de vacances chez des étrangers, nous étions prêts à tout endurer et puis l’idée de voir du pays, s’il affolait un peu Globulette de nature casanière,  n’était pas pour me déplaire. J’avoue que ce fut une sacrée aventure dont je garde un excellent souvenir. A l’époque nous étions encore petits et pouvions être transportés dans ce que l’on a appelé "la caravane de voyage", un bocal rectangulaire d’une quinzaine de litres  qu’Armelle avait posé, le temps du transport, à ses pieds. Evidemment nous étions presque dans le noir et assez ballottés, mais nous partions en vacances  en famille, ce qui  nous émoustillait.

 

 

D’autant que c’était l’été, qu’il faisait beau, que le ciel était bleu et que nos arrêts repas étaient un enchantement. Yves garait le véhicule dans un endroit tranquille, Armelle nous sortait de  notre trou et nous retrouvions l’air et la lumière avec bonheur. Ce qui nous plaisait, c’est que nous déjeunions sur la table à côté d’eux, que nous avions une intimité plus étroite et surtout qu’ils nous portaient dans leurs bras, sensation étrange et agréable.

 

Les étapes ont été diverses mais toujours assez plaisantes. Le seul inconfort était l’eau dont Armelle et Yves avaient emporté des bidons dans le coffre de la voiture mais qui a très vite tournée. Que faire alors ? Eh bien prendre l’eau des sources qui ne manquent pas en France mais qui est toujours glaciale, si bien que nous avons, en plein été, grelotté plus d’une fois, ce qui contrariait  énormément Globulette de nature frileuse.

 

Il y eut aussi quelques rencontres avec des chats qui nous hérissaient les écailles et des routes difficiles à cause des innombrables cassis, ce qui a provoqué chez Globulette, à plusieurs reprises, un irrépressible mal de mer, le comble chez un poisson d’eau douce…

 

La Provence nous a particulièrement séduits à cause des parfums qui parvenaient jusqu’à nous, la lumière et les petits déjeuners que nous partagions sur la terrasse. Yves et Armelle nous avaient installés sur une commode d’où nous avions une jolie vue et nous dormions auprès d’eux, ce qui ne nous était encore jamais arrivé et rendait plus étroite encore notre intimité. La légèreté de notre caravane de voyage avait pour avantage de leur permettre de nous changer de place à volonté, ce qui, par la suite, ne sera plus possible avec des aquariums de 60 litres, puis 120 litres, et dont le souvenir m’émeut encore.

 

L’accueil  était souvent inattendu de la part des gens des chambres d’hôtes ou des hôtels. Dans l’une des chambres d’hôtes, la dame avait spécifié que les animaux étaient interdits. Alors Armelle, qui n’est pas dépourvue de malice, à la sortie de la voiture, lui annonce : nous avons des animaux. Tête de la bonne femme qui s’attend à voir sortir un chien, un chat, un lapin, un fennec, que sais-je encore, mais certes pas des poissons et éclate de rire à la vue de notre caravane aquatique. Une autre fois, cela se passait dans un bel hôtel à Toulouse. Nous étions attendus comme des VIP parce que le gendre de nos protecteurs en avait été plusieurs années le directeur, si bien que l’accueil était fastueux… Le groom, très stylé, vient à notre devant et Armelle lui dit qu’il y a un aquarium, dont ce dernier s’empare aussitôt avec respect et précaution, nous transportant comme il l’aurait fait du saint Sacrement. Passant devant l’accueil, aussi sérieux qu’un pape, le  personnel au complet nous contemple interloqué et s’esclaffe : on avait pratiquement reçu tous les animaux de l’arche de Noé, il nous manquait encore les poissons, voilà un oubli réparé !

 

Voyez-vous, nous n’avons pas manqué de succès durant ce voyage qui fut une belle expérience. Nous avons eu trop chaud, trop froid, nous avons été secoués comme dans un shaker, privés des plantes fraîches qui composent notre dessert quotidien, seule privation qui m’a exaspéré et a suscité un soir ma mauvaise humeur et une bouderie de plusieurs heures car je reconnais que je suis boudeur, mais cela valait la peine pour mille bonnes raisons  et, en priorité, le partage d’une expédition vécue étroitement avec Armelle et Yves. Cela a créé des liens indestructibles. Nous les avons trouvés attentifs à notre égard, veillant à ce que nous ayons le meilleur confort, ils nous ont trouvés formidables, patients, courageux, endurants. De quoi forger une affection à vie.

 

NAUTILIUS

 

 

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28 juillet 2014

QUI SOMMES-NOUS ?

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Bonjour les amis,

 

J’ai un peu paressé, je l’avoue, ces derniers temps, paresse estivale probable, et puis nous avons été très occupés Globulette et moi par les visites qu’ont reçues Armelle et Yves et qui se terminent toujours par une station prolongée devant notre aquarium où je ne manque jamais de donner le spectacle avec mes cabrioles, Globulette se contentant de faire la belle.

Hier, nous avons eu notre changement d’eau de source, 40 litres chaque semaine, et cette opération est toujours très excitante. Désormais, Armelle ne nous retire plus de notre demeure aquatique  et procède en nous laissant évoluer à notre guise, ce qui est follement amusant car nous jouons avec ses mains. Plus d’épuisette, plus de passage à l’air libre que nous apprécions modérément et plus de station dans une salle d’attente trop exiguë, surtout pour Globulette - et cela je vous le confie à l’oreille - qui devient assez volumineuse. Quand elle m’agace trop, je lui dis : « Allez, pousses-toi, ma grosse ! », ce qui est vulgaire, je l’admets, mais vivre à deux 24h sur 24 inspire parfois des sautes d’humeur vite oubliées car nous nous aimons beaucoup.

Donc, le changement d’eau est un moment réjouissant qui nous apporte de l’oxygène, de l’eau fraîche, des plantes neuves et quelques gouttes d’un produit qui a pour fonction de lisser nos écailles et de les rendre brillantes, de faire de moi un beau gosse et de Globulette une bomba irrésistible. Ainsi avons-nous un institut de beauté à domicile…Quand tout est terminé, je ne manque jamais de faire le tour du propriétaire afin de vérifier qu’Armelle a bien assemblé les végétaux, remis les rochers à la même place – car je suis un tantinet maniaque – que tout est agencé de belle façon. Car, voyez-vous, si Globulette a toujours tendance, devant une plantation nouvelle, de s’écrier : est-ce que ça se mange ? – je suis plus soucieux de m’assurer que l’ensemble est harmonieux.

Aujourd’hui, j’ai également envie de vous entretenir de mes ancêtres, car les poissons ont un passé comme les hommes, tout aussi ancien d’ailleurs, étant donné que les savants assurent que nous vous avons précédés en ce monde. C’est en Chine que s’est fait connaître la  grande famille des poissons rouges, aussi sommes- nous mentionnés à ce titre dans des manuscrits fort anciens. Notre famille a très vite grandi sous la responsabilité des moines qui nous ont adoptés et vénérés comme des envoyés du ciel. Mais oui, ne faites pas des yeux aussi ronds que les nôtres ! A l’époque, il était interdit de nous capturer et surtout de nous manger sous peine de sévères punitions. Au XIIe et au XIIIe siècles, les empereurs nous ont pris en haute estime et logés dans des bassins ou étangs parmi les fleurs de lotus et les nénuphars et rien n’était trop beau pour nous. Nous avions à notre disposition de vrais palais aquatiques taillés dans des matériaux somptueux et étions considérés avec un immense respect. Parallèlement, d’innombrables races ont été créées et nous avons été également recherchés et adoptés par des Japonais et des Coréens. Au XVIIe siècle, les Français ont commencé à s’intéresser à nous et Mme de Pompadour, favorite de votre roi Louis XV, a reçu en cadeau des queues de voile d’un empereur chinois, si bien que la mode était lancée dans l’aristocratie européenne.

Notre essor depuis lors a été important, si bien que nous sommes considérés de nos jours comme l’animal de compagnie le plus apprécié. La raison ne peut être autre que notre discrétion et  notre silence dans votre monde de bavards. Les formes voilées comme Globulette et moi sont parmi les plus rares. Eh oui, je le dis en toute modestie. Ainsi moi-même je suis un « queue de voile » avec une queue qui présente une forme retombante et une traine digne d’une robe de mariée. Et Globulette est un télescope avec d’étonnants yeux maquillés de façon très artistique, une nageoire caudale développée et une traine digne de l’impératrice de Chine. Enfin sa couleur d’un blanc nacré est aussi rare que précieuse. C’est en raison de notre noble ascendance que je n’aie pas voulu porter le même nom qu’un vulgaire sous-marin en acier et  fait orthographier mon nom en y ajoutant un i.

 

NAUTILIUS

 

à suivre

 

 

 

13 août 2014

LORSQUE GLOBULETTE JOUE LES FEMMES FATALES

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Chers Amis,

 

Je n’ai aucune raison de vous cacher que Globulette a la folie des grandeurs ou, plus exactement, ce que vous appelleriez une propension à céder au bling-bling. Après avoir souffert d’être maigrichonne (pour la raison que je vous ai expliquée), lui est venue l’idée de changer d’apparence. Chez vous, elle aurait fait la fortune des chirurgiens esthétiques et des salons de beauté ; chez nous, ce fut plus simple, elle a passé un pacte secret avec une reine-fée, pas l’une de vos fées Clochette, mais une sirène aquatique dont les pouvoirs ne sont plus à démontrer et qui, parfois, ont entraîné au fond des eaux vos marins égarés.

 

Oui, Globulette désirait devenir un véritable canon et elle y est parvenue. Au début, je restais stupéfié par sa lente transformation. Alors que je la trouvais adorable depuis que, bien nourrie, elle avait gagné en rondeur et offrait à mes yeux, déjà extasiés, une jolie robe pourpre, voilà qu’elle se mettait à se dévêtir par longs pans d’écailles et proposait un patchwork assez original de rouge et de blanc qui me rendait perplexe. Vous rappelez-vous que votre Cendrillon ou votre Peau d’Ane souhaitait une robe couleur de lune… Nenni, chez Globulette, qui préférait une parure couleur d’aurore avec des reflets argentés comme il arrive à l’eau de se parer au lever du soleil. Et jour après jour, je l’ai vue acquérir cette apparence de rêve, cet éclat incomparable qui transformait  ma  petite télescope en princesse des eaux aurorales. (Chut, Armelle me souffle ces jolis mots). Le résultat est sublime. Passés les quelques moments ingrats, Globulette étincelle de charme. Ses yeux, maquillés avec soin, lui confèrent un regard de séductrice qui m’affole tandis que ses voiles ne cessent de s’allonger et forment une traîne  plaisamment striée de fils de couleur.

 

 

Pour les yeux, il lui arrive de changer assez souvent son maquillage ; vous connaissez les femmes, ma petite compagne ne déroge pas à ce penchant à la séduction et en accentue volontiers le dessin selon son humeur. Quant à moi, je reste le même. Armelle et Yves m’assurent que je suis beau, que je n’aie plus la bouche en accent circonflexe, ni un œil plus haut que l’autre, que mes voiles sont souples et légers et que, somme toute, face à mon incomparable star, je peux me vanter d’être un beau gosse.

A bientôt mes amis. Globulette se joint à moi pour vous envoyer des bulles pleines de notre sympathie, tandis que je vous donne rendez-vous très prochainement pour un nouveau récit.

 

NAUTILIUS

 

A suivre

 

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24 août 2014

CERTES, VOS VACANCES NE SONT PAS LES NOTRES...

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Chers Amis,

Aujourd’hui ce n’est pas, à proprement parler, une histoire sur notre vie que je vais vous raconter, mais une lettre que je vous écris pour vous avouer que Globulette et moi avons hâte que les vacances soient finies. Enfin les vôtres, cher amis, car les nôtres sont pratiquement constantes puisque nous ne faisons jamais que ce que nous souhaitons faire, ce qui n’est pas votre cas, semble-t-il.

Si bien que pour nous vos vacances sont un  désagrément pour toutes sortes de raisons, la première étant que le service n’est plus assuré de la même manière, qu’il y a du relâchement dans les horaires de repas parce qu’Armelle et Yves reçoivent beaucoup et n’ont que peu de temps à nous consacrer, qu’il y a un passage incessant dans l’appartement, du bruit, et que nous avons hâte de voir notre existence reprendre son cours habituel et tranquille.

Vous allez nous rétorquer que nous sommes vraiment très exigeants, mais que voulez-vous,  il est difficile de rompre avec ses bonnes habitudes et nos habitudes sont ponctuelles : nous sommes très attachés Globulette et moi à nos usages, ce que certains ne manqueront pas de qualifier de manies, de marottes,  sans omettre de nous traiter de routiniers mais, peu importe, nous assumons !

Ici, cela a donc été, ces semaines dernières, le grand chambardement. Nous avons eu la soirée crêpes en plein été, les dîners et déjeuners au pied levé, les bavardages intempestifs jusqu’à plus d’heure, les éclats de rire, les discours, les fanfaronnades, enfin un chahut auquel nous ne sommes guère habitués dans notre si douce vie à quatre avec Yves et Armelle.

Et cerise sur le gâteau, hier soir où nous avons dîné à 20 heures au lieu de 19 et extinction des feux à 22 heures 30 au lieu de 20h30. Ce n’est plus tenable, aussi avons-nous marqué le coup ce matin en faisant la grève des bisous. Cela a eu l’air de porter…

Je dois dire que la pauvre Armelle n’a pas chômé avec tout ce qui s’est ajouté à ses tâches journalières : les repas à assurer, les crêpes à faire sauter, elle en a fait plus de 40 ce soir-là, le blabla à soutenir ; oui, elle doit être sur le flanc, elle qui apprécie tant le silence…. comme nous ! Enfin je crois que ce remue-ménage tire à sa fin et que ouf ! - nous allons connaître à nouveau un emploi du temps plus coul. Nous aimons tellement prendre nos repas en compagnie d’Yves et Armelle, nous apprécions par-dessus tout nos moments d’intimité avec eux dans l’agora, également les baisers du soir, les spectacles auxquels nous les convions, les occupations à heures fixes, ce qui nous stabilise incontestablement, et les petites herbes qu’ils m’épluchent, pour moi Nautilius, qui ne dispose pas comme Globulette d’une grande bouche, enfin ce qui fait que nous vivons 11 mois sur 12 dans une petite enclave du paradis.

 

NAUTILIUS & GLOBULETTE

 

à suivre  ( prochain article : NOTRE PLUS BEAU NOEL )

 

 

 

Posté par voiledechine à 12:09 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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